Le tabla est l’instrument de percussion le plus populaire du Nord de l’Inde, représentant une longue et très élaborée tradition.
On le retrouve dans plusieurs styles musicaux incluant la musique folklorique, semi ‐ classique et classique, ainsi que dans la musique de danse classique, de film, populaire et fusion.
Le tabla date d’environ 300 ans, et a comme origine le pakawaj dont l’histoire remonte à plus de deux mille ans. Il est constitué de deux tambours – le plus petit est appelé dayan ou tabla et est joué avec la main droite tandis que le grand est appelé bayan ou duggi et est joué avec la main gauche. Le dayan est fait de bois de rose (shysham , bijaysar ) et le bayan est fait soit de laiton , de cuivre , d’argile ou même de bois (plus rare).
Les deux tambours sont couverts de peaux de chèvre sur lesquelles reposent des syhai une sorte de pastille circulaire appliquée en couches successives , fabriquée à base de poudre de métal, colle, farine et charbon de bois. Le syhai constitue l’élément le plus significatif du tabla et est à l'origine de sa sonorité particulière. Sur le dayan, l’harmonique créée par la présence du syhai s’accorde sur la tonique des instruments ou du morceau de musique accompagné. Le bayan fonctionne comme une timbale et la base du poignet est utilisée pour produire les inflexions.
La tradition du tabla est transmise avant tout oralement. Pour ce faire, le tabla possède son propre langage où chaque frappe est représentée par une onomatopée. Le joueur de tabla doit apprendre un nouveau langage en plus d’apprendre à jouer. En effet, ces syllabes sont utilisées comme mode d’enseignement et de transmission. Cela permet à l’élève de comprendre ainsi que de mémoriser les compositions et les sons à produire.
Voici un exemple des sons : dha trekete dhetete gena dhara gêna tuna kata
Biographie d'Olivier St-Pierre, professeur de tabla
Enfant, Olivier crée sa propre batterie avec toutes sortes de objets ramassés ici et là. À l’adolescence, il étudie la batterie, le jazz et le vibraphone avec Robert Pelletier, d’abord en privé, en suite au cégep d’Alma. À vingt ans, il s’exile en Inde pour apprendre le tabla et la musique classique du nord de l’Inde pendant une dizaine d’années avec les maîtres Pandit Ishwar Lal Mishra, Shri Dhananjay Mishra et Nazeem Hussein Khan. Le Tabla est l’instrument de percussion le plus populaire de l’Inde.
Parti dans le but de maîtriser cet l’instrument de percussion raffiné, il s’installe à Bénares (Varanasi), petite ville sur le bord du Gange (fleuve sacré hindou), un des bastions de la musique indienne riche en traditions millénaires. Il est alors en quête d’un tabla-guru (maître de tabla) qui puisse le guider dans son apprentissage de la musique dans le respect de la tradition. Ce n’est qu’après plusieurs voyages qu’il fait la connaissance de Pandit Ishwar Lal Mishra et devient son disciple.
De retour au Québec, après un apprentissage approfondi de la pratique du tabla, il collabore à des métissages musicaux avec des musiciens d’ici. Des métissages qu’il expérimente tout d’abord en Inde où il rencontre et joue avec plusieurs musiciens de toutes les provenances. Il emploie de nouveau le vibraphone qu’il avait laissé de côté en partant afin de traduire ses souvenirs musicaux indiens à travers cet instrument mélodique occidental. Inspiré par les gens rencontrés là-bas et leur musique, il compose au tabla et vibraphone en utilisant l’ordinateur. Il collabore notamment avec Pierre Langevin, Pierre Tanguay, Guy Bernier, Mamadou Khane, l’ensemble Athensha, Geneviève Roy et Alexandre B. Garon. Il se donne comme objectif d’ouvrir les horizons du tabla et de réaliser des amalgames musicaux interculturels et interstylistiques, à l’image de la société québécoise d’aujourd’hui.